2016 COLLECTION

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Les chants de l’Ouest pur...

Pierre Cardin — Présentation de la collection printemps/été 2017

En 2007, le grand défilé du désert de Dunhuang de Pierre Cardin avait laissé le monde de la mode en émoi. Neuf ans plus tard, Pierre Cardin a choisi une fois de plus de retourner dans l’Ouest de la Chine, et plus exactement au géoparc national Yellow River (The Yellow River stone forest national geological park), dans la province du Gansu, pour présenter sa collection printemps/été 2017. Nous voilà le 19 septembre dans l’après-midi, les parois abruptes de la forêt de pierres ocre s’étendent à perte de vue. Sur les rives du fleuve Jaune, les invités qui se rendent sur le lieu du défilé retiennent leur souffle. Après avoir fait une partie du trajet sur des radeaux en peau de mouton, les voilà qui finissent le voyage sur des charrettes tirées par des ânes !Ce genre de préambule pour le moins original ne peut que donner au public l’impression durable d’avoir pris pleinement pied dans les territoires de l’Ouest de la Chine. Alors que de ce paysage rude s’élèvent la pureté de la simplicité originelle ainsi que l’appel puissant de la nature, tout concourt à ce que la pureté, qui sera le thème central du défilé, soit exprimée de la manière la plus brutale par des chants d’allégresse bouleversants.

Retour aux sources de la civilisation chinoise à travers une expressivité naturelle
Mlle Fang Fang, représentante en chef de la marque Pierre Cardin en Chine et organisatrice de l’événement, nous explique : « Réaliser ce genre de spectacle là où le fleuve Jaune prend sa source demande un courage certain, que ce soit pour la portée symbolique de la civilisation chinoise, l’héritage culturel des premiers Chinois, ce paysage naturel — véritable défi pour la créativité du styliste — ou encore la nécessité de faire apparaître la beauté des créations dans un espace de rivalité entre nature et liberté… Apparemment, Pierre Cardin sait parfaitement où il va. »
Entre les pitons de roche karstique serpente un podium argenté de 150m de long ; en plein milieu du parcours du défilé, au sortir de la gorge, s’élève un arbre aux branches mortes et aux lianes desséchées ; le long du podium, en retrait, stationnent quelques charrettes tirées par des ânes. Voilà que dans ce vaste paysage de pitons rocheux commence le spectacle de la pureté. Bien loin du tohu-bohu de la ville, ne voulant qu’écouter la beauté des espaces sans contrainte, Pierre Cardin a eu l’idée cette fois-ci de faire défiler 100 mannequins présentant 150 créations avec la nature pour fond sonore. De plus, la présentation des tenues de jour s’est accompagnée de la chanson intitulée « Lune », une œuvre composée, chantée et jouée à la guitare par le top model Carla Bruni Sarkozy, épouse de l’ancien président de la République française Nicolas Sarkozy. Cette voix si claire doublée d’un jeu de guitare classique ont su esquisser le tableau d’une très grande douceur. Peut-être est-ce d’ailleurs justement ce genre de tranquillité mélodieuse qui a permis au public se trouvant au sein de cet environnement grandiose d’apprécier la beauté d’une nature sans contrainte ?
Pas l’ombre d’une complexité, au contraire : juste la beauté ciselée par une nature redécouverte ; cela résume bien l’impression qu’a laissée ce défilé. Loin du show spectaculaire de Dunhuang en 2007, Pierre Cardin a choisi cette année de s’éloigner de la magnificence pour se rapprocher d’une simplicité non encore apprivoisée, et ce, afin de laisser l’imagination du public vagabonder entre les parois abruptes des pitons rocheux et les eaux limoneuses du fleuve.

Quête d’une esthétique non apprivoisée pour que la mode devienne une sublimation de l’amour...
Ce nouveau Pierre Cardin des rives du fleuve nourricier, c’est l’esthétique non apprivoisé qui permet à la créativité tournée vers l’authentique de s’affranchir en un instant de l’accumulation des aplats et des contraintes d’un artisanat complexe. C’est la beauté concise que donnent les couleurs de l’élégance discrète, de la sobriété et de la pureté.
Tout en ayant gardé les motifs géométriques et fleuris associés depuis longtemps à la marque, on trouve dans l’ensemble de la collection des couleurs beaucoup plus claires : la série des vêtements de jour, avec ses accessoires métalliques et ses motifs en relief renforcent d’autant le côté non apprivoisé du style ; les ensembles pour hommes avant-gardistes et stéréoscopiques produisent, avec leurs coupes simples, des effets visuels luminescents ; la série des costumes a été conçue sur mesure pour les actifs, avec des tissus infroissables, des coupes qui visent à la perfection et des fibres épaisses afin d’incarner le goût du dépouillement et du naturel ; la série des tenues de soirées a abandonné les traînes pour une simplicité totale grâce à un art épuré du pli permanent qui en accentue les lignes — les jupes genoux laissant ainsi échapper un parfum de liberté. Signalons enfin que cette année la marque Pierre Cardin en Chine présente pour la toute première fois des vêtements pour enfants qui semblent être une version réduite des vêtements pour adultes, préservant ainsi une constante dans la tonalité du style et dans les éléments fondamentaux.
Alors que le défilé touchait à sa fin, l’apparition de 10 mannequins enfants a été un nouveau point fort du show : tenant à la main des ballons de baudruche multicolores, les enfants sont allés les accrocher aux branches de l’arbre mort s’élevant au centre du décor, comme si, en un instant, la vie lui avait été redonnée — une explosion de couleurs en plein centre de l’espace scénique en guise d’hommage à la nature ! Enfin, la robe de mariée d’un blanc immaculé finit d’accentuer la beauté pure. D’ailleurs, la mariée est si belle qu’un des enfants ne peut s’empêcher de lui offrir le bouquet de fleurs fraîches qu’il tient à la main. L’apparition angélique lui rend alors un baiser plein d’amour. À cet instant s’élèvent d’un peu partout des brumes multicolores, provocant des applaudissements ininterrompus. La sublimation de l’amour s’est manifestée encore une fois sur la plus vaste des terres. La valse des saisons, la vitalité à jamais renaissante, le sentiment impérieux de débusquer la beauté... Tout ceci jaillit sans cesse de ce lieu et se redépose, tel le limon du fleuve, pour donner une saveur nouvelle.